ENSEIGNEMENTS SUR LE GENRE & LE CONFLIT EN AFRIQUE

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  Côte d'Ivoire

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Côte d'Ivoire – Projet de protection contre la violence liée au genre : évaluation d'impact


Objectifs : mieux comprendre comment le contexte de conflit politique et de troubles violents peut influencer la violence liée au genre (VLG), l’autonomie et les interventions socioéconomiques qui y sont liées. Ces activités de recherche ont pour fonction d’explorer les facteurs externes affectant l’efficacité d’une intervention de Village Savings and Loans Associations (VSLA) actuellement en cours dans des zones directement affectées par le conflit. L’intervention proposée et l’étude visent en outre à compléter les évaluations quantitatives sur le type d’impact généré par le projet sur les incidences de violences conjugales (IPV) et l’attitude envers celles-ci, sur la prise de décision dans le ménage ainsi que sur d’autres normes relatives au genre. L’étude qualitative analysera plus en profondeur ces concepts afin de mieux appréhender comment ces processus surviennent chez les participantes et enfin, mieux aborder la perspective masculine et le processus de modification de ces attitudes et comportements.

Contexte et argumentaire : la Banque mondiale finance l’ONG International Rescue Committee (IRC) pour l’exécution d’un « Projet de protection contre la violence liée au genre » en Côte d’Ivoire.  Ce projet a pour objectif de fournir des services de prévention et d’aide aux victimes de VLG dans un pays touché par une crise sociopolitique prolongée se manifestant par des pics de violence, dont une période de vif conflit. Ses objectifs sont les suivants : (1) un plus grand engagement et une amélioration des capacités des autorités locales et des membres de la communauté (hommes et femmes) dans les zones ciblées afin d’empêcher et de répondre à la VLG ; (2) un meilleur accès à des services multisectoriels élargis pour les survivants de VLG dans les zones ciblées ; (3) une meilleure coordination et des capacités améliorées pour les organisations locales et les parties prenantes clés (c’est-à-dire le Ministère de la Santé, le Ministère des Affaires sociales, les ONG, les forces armées et les agences des Nations unies) dans la prévention et le traitement de la VLG, dont l’instauration d’un réseau multisectoriel de prise en charge de la VLG.

La composante de prévention comporte deux sous-composantes :

  1. Communication pour une mutation sociale : les activités visent à mobiliser les femmes et les hommes à trois niveaux (les individus de la communauté ; le personnel de sécurité et des autorités locales ; l’ensemble de la société) pour que ceux-ci prennent des mesures qui défient les normes opprimant femmes et jeunes filles. Tandis que les activités communautaires et les sessions de formation et de sensibilisation des forces de sécurité resteront essentiellement les mêmes (elles couvriront cependant une plus grande zone), une approche de marketing social sera également employée pour mieux cibler la société dans son ensemble. La campagne de marketing social bénéficiera indirectement à 786 393 personnes. L’IRC lancera la Global Crescendo Initiative dans six nouvelles communautés. Cette activité utilise la photographie comme outil mis à disposition des femmes pour leur permettre de s’exprimer sur leur situation et elle a produit des résultats très encourageants lors de l’activité pilote lancée l’an dernier. Les bénéficiaires directs de ce projet sont 72 femmes dans six villages tandis que les activités qu’il propose bénéficieront indirectement à l’ensemble de la population des six villages.
  2. Amélioration de l’assurance des femmes : ces nouvelles activités aideront femmes et jeunes filles à développer de nouveaux moyens de subsistance et augmenteront leur participation aux décisions du ménage. L’argument sous-tendant cette sous-composante est basée sur les constatations émergeantes qui montrent que plus les femmes sont en situation de dépendance économique envers les hommes, moins elles ont d’assurance pour prendre activement part aux actions défiant les normes relatives à leur place dans la communauté. Les principales activités de cette composante sont celles de Village Savings and Loans Associations (VSLA) et les cours d’alphabétisation dispensés aux femmes. Celles-ci sont complétées par des Groupes de discussion sur le genre (Gender Dialogue Groups) destinés aux hommes et aux femmes, sorte de forum d’échange et d’analyse sur les rôles attribués selon le genre. L’IRC ciblera environ 1 300 femmes.

Des études suggèrent que défier les normes de genre et améliorer le bien-être au sein du foyer peut se traduire par une baisse du taux de violence liée au genre contre les femmes. Cependant, l’évaluation de ce type de programme reste minimale à l’exception de l’étude menée par IMAGES en Afrique du Sud, et des évaluations à grande échelle de ce type de programme dans des situations de conflits, comme en Côte d’Ivoire, sont très rares. Les recherches qui examinent comment réduire le phénomène de violence liée au genre exercée par les hommes, ainsi que le rôle des membres de la famille (au-delà du conjoint) dans les actes de VLG dans un contexte de conflit sont également très peu nombreuses. À cette fin, une étude quantitative a été menée en 2010 pour évaluer les changements vécus par les femmes en matière de VLG, de prise de décision dans le ménage et d’autonomie.

En novembre 2010, exactement un mois après la fin de l’étude de référence pour l’évaluation quantitative, la Côte d’Ivoire a été plongée dans une grave crise post-électorale. Une période de troubles violents s’en est suivie dans tout le pays et a duré jusqu’en mai 2011. Les régions dans lesquelles l’étude avait été menée à l’origine ont été durement touchées par cette crise. Ce contexte particulier offre une occasion unique de mener une étude dans le but d’examiner explicitement comment le contexte social du conflit politique et des troubles violents peuvent influencer la violence liée au genre, l’autonomie et les interventions socio-économiques qui y sont liées. À ce jour, quelques études suggèrent un lien entre l’exposition aux troubles civils et une augmentation des violences conjugales contre les femmes, mais aucune étude approfondie n’a été menée à ce sujet. On en sait encore moins sur la façon dont ce type de troubles peuvent influencer l’autonomie d’une femme au sein de sa famille et du ménage ou son accès aux ressources. La situation en Côte d’Ivoire pourrait donc ainsi contribuer à la compréhension du type d’impact qu’ont les troubles civils sur les violences conjugales et de la façon dont les interventions soutenues par VSLA et les groupes de discussion sur le genre peuvent avoir un effet sur la VLG dans un tel contexte de troubles.

Des évaluations quantitatives fourniront des informations sur le type d’impact du Projet de protection contre la violence liée au genre sur les incidences de violences conjugales (IPV) et l’attitude envers celles-ci, sur la prise de décision dans le ménage ainsi que sur d’autres normes relatives au genre ; une étude qualitative analysera plus en profondeur ces concepts afin de mieux appréhender comment ces processus surviennent chez les participantes et enfin, mieux aborder la perspective masculine et le processus de modification de ces attitudes et comportements.

Détails du projet :LOGiCA agit en partenariat avec Innovations for Poverty Action (IPA) pour mettre en œuvre les activités suivantes :

  1. Évaluation de la crise post-électorale : une étude quantitative sera menée avec un sous-échantillon de femmes ayant participé à l’étude de référence d’origine.Les participantes seront sollicitées pour raconter leur expérience vécue dès la crise et jusqu’à la période de l’étude intermédiaire. L’évaluation cherchera à explorer les éléments suivants : (1) le niveau d’IPV rencontré par les femmes depuis le début des violences liées aux élections comparé au niveau d’IPV de référence ; (2) le comportement des femmes quant à leur demande de soutien et l’accès aux ressources relatives à l’IPV dans la période post-électorale ; (3) comment la violence liée aux élections a pu affecter la vie des femmes en termes de contrôle des ressources et de prise de décision dans le ménage, d’incidents de violence et de conflit familial en période post-électorale ; (4) les expériences telles que le déplacement ou la perte de ressources pouvant avoir un effet sur la réussite des femmes dans le programme ; et (5) les stratégies d’adaptation des femmes au cours et à la suite de la période de violences.
  2. Composante 2. Entretiens qualitatifs finaux : tandis que l’évaluation quantitative fournira des renseignements sur le type d’impact généré par le projet sur les incidences de violences conjugales (IPV) et l’attitude envers celles-ci, sur la prise de décision dans le ménage ainsi que sur d’autres normes relatives au genre, l’étude qualitative analysera plus en profondeur ces concepts afin de mieux appréhender comment ces processus surviennent chez les participantes et enfin, mieux aborder la perspective masculine et le processus de modification de ces attitudes et comportements. Cette composante qualitative explorera les mécanismes par lesquels la participation au VSLA et aux groupes de discussion sur le genre peut avoir des effets sur la perception par les hommes et les familles des normes relatives au genre et des actes de VLG.

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Prévention et protection contre la violence liée au genre en Côte d'Ivoire


Nom du projet  Prévention et protection contre la violence liée au genre en Côte d'Ivoire
Lieu Cote d’Ivoire
Principaux bénéficiaires   Survivants et groupes vulnérables exposés à la VSLG
Durée Mars – décembre 2012
Partenaire d’exécution   International Rescue Committee (IRC)

Présentation : cette initiative a pour but de : (i) contribuer à la prévention de la violence liée au genre (VLG) par le soutien et la promotion apportés aux membres de la communauté (hommes et femmes) pour que ceux-ci agissent en faveur de la prévention des violences contre les femmes et les jeunes filles ; et (ii) fournir un plaidoyer pour contribuer à la révision des lois relatives aux droits des femmes dans la législation ivoirienne.

Argumentaire : depuis 2002, la Côte d’Ivoire souffre d’un conflit civil caractérisé par des cycles d’extrême violence et de calme relatif. La violence chronique et les mouvements de population ont contribué à un effondrement social marqué par des signalements réguliers de violation des droits de la personne humaine particulièrement envers les femmes et les jeunes filles. Suite aux résultats des élections présidentielles controversés du 28 novembre 2010, la situation humanitaire dans le pays n’a cessé de se dégrader du fait des tensions et des explosions de violence provoquant des déplacements de population et la suspension des services de première nécessité. Malgré une amélioration marquée de la gouvernance économique depuis le mois de mai 2011 et la tenue d’élections législatives dans de bonnes conditions sécuritaires en décembre 2011, les divisions au sein des forces de sécurité continuent de constituer un risque de conflit violent, avec les problèmes qui y sont associés en termes de cohésion sociale et de sentiment d’insécurité prolongée. La VLG est en effet un élément intégrant de la crise récente ; les signalements de violence sexuelle et de violence infligée par les groupes armés sont plus nombreux au sein des populations déplacées, même si les personnes interrogées non déplacées ont également signalé un plus grand nombre de cas de prostitution de survie.

Les services directement joignables par les survivants de VLG manquent dans tout le pays et peu de professionnels sont correctement formés pour venir en aide aux individus et familles confrontés aux effets de la violence. Au niveau national, les systèmes et structures sont faibles, y compris les mécanismes de justice statutaire et traditionnelle et les systèmes de soins et de sécurité sociale.

L’IRC met actuellement en place un programme axé sur la prévention de la VLG, l’autonomisation économique et sociale, les réponses et le plaidoyer. La stratégie actuelle du programme s’appuie sur quatre piliers : la prévention, l’autonomisation économique et sociale, les réponses et le plaidoyer. Tandis que la situation connaît une amélioration dans les zones d’intervention de l’IRC, un soutien continu demeure nécessaire pour appuyer ces efforts. L’impunité, le manque de contrôle des forces armées et le grand nombre d’armes en circulation dans les communautés ne cesse de constituer un risque pour la sécurité des femmes et des jeunes filles.

De plus, les mutations sociales, surtout celles relatives au genre, sont un processus sur le long terme ; il est nécessaire de capitaliser sur les progrès d’une autonomisation des femmes et d’un respect des droits des femmes par un soutien continu des activités visant à faire évoluer les comportements à différents niveaux et destinées à un ensemble de bénéficiaires (des membres de la communauté au gouvernement). L’instabilité politique récente signifie également que ces activités, sous les composantes de prévention et de plaidoyer, n’ont pu être achevées.

Détails du projet : cette initiative constitue un soutien spécifique des piliers prévention et plaidoyer :

Prévention : cette première composante mettra en œuvre une campagne de marketing des normes sociales qui utilisera les techniques de marketing traditionnelles afin de faire évoluer la perception des comportements et attitudes acceptables au sein de la communauté. Dans un premier temps, la population ciblée est celle des hommes de 18 à 25 ans et des femmes de 18 à 35 ans. Une deuxième cible sera constituée des médias et journalistes, des travailleurs et fournisseurs de soin de la santé publique ainsi que la police.

La campagne comprendra les éléments clés suivants :

  • Encourager les femmes à signaler les actes de violence conjugale dans un centre social accrédité par l’IRC ;
  • Encourager les hommes à soutenir les femmes qui protestent contre la violence ;
  • Encourager les hommes à protester contre la violence dont ils sont témoins dans leur communauté ;
  • Promouvoir les normes sociales qui soutiennent la conception d’une relation conjugale comme une équipe dont le fonctionnement nécessite communication, égalité et respect ;
  • Promouvoir les normes sociales encourageant les hommes à respecter et protéger les femmes ; et
  • Promouvoir les normes sociales encourageant les femmes à considérer la violence comme un phénomène inacceptable au sein du foyer et un danger pour l’avenir de leurs enfants.

Une évaluation de la campagne étudiera les éléments suivants :

  • Évolution du comportement : nombre d’hommes signalant des actes de violence et mentionnant la campagne de l’IRC comme facteur d’influence ; nombre de femmes signalant des actes de violence, indiquant qu’un homme les a encouragées à le faire et mentionnant la campagne de l’IRC comme facteur d’influence ; nombre de femmes signalant des actes de violence et mentionnant la campagne de l’IRC comme facteur d’influence.
  • Connaissance : sensibilisation à la campagne déterminée par une étude quantitative afin d’en mesurer la portée et de déterminer si les objectifs de connaissance ont été atteints.
  • Normes sociales : discussions avant et après la campagne avec des groupes ciblés afin d’évaluation le rapport mutation des normes sociales / croyances d’ordre privé ; des études quantitative et qualitative mesureront la perception communautaire plutôt que les croyances individuelles

Plaidoyer : la seconde composante finalisera le processus de révision du Code pénal ivoirien et constituera un plaidoyer pour sa validation. Le Code a en effet été révisé en 2010, l’IRC ayant joué un rôle actif dans l’élaboration de son ébauche. Le processus a cependant été suspendu du fait de la crise post-électorale. Le nouveau gouvernement étant désormais en place, il faut saisir cette occasion pour une avancée rapide dans la finalisation de la proposition pour soumission au parlement. Les activités soutiendront l’IRC afin que le comité travaille auprès du Ministère de la Justice pour achever ce processus. 

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