ENSEIGNEMENTS SUR LE GENRE & LE CONFLIT EN AFRIQUE

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 République démocratique du Congo

Women and children queueing

INITIATIVES D'ENSEIGNEMENT SUR LE GENRE & LE CONFLIT

La violence sexuelle et liée au genre dans l'Est de la RDC

Nom du projet Projet pour prévenir et limiter l’impact de la violence liée au genre dans le Sud-Kivu
Lieu Sud-Kivu, RDC
Principaux bénéficiaires   Les femmes et jeunes filles survivantes à la VSLG
Durée Septembre 2010 – septembre 2012
Partenaire d’exécution   International Rescue Committee

Présentation : LOGiCA apporte une assistance technique au projet pour prévenir et limiter la violence liée au genre dans le Sud-Kivu, financée par le Fonds pour la reconstruction de la paix et de l'État de la Banque mondiale. L’objectif général du projet est d’améliorer la fourniture de services promouvant le traitement et la prévention de la violence liée au genre (VLG) contre les femmes et les jeunes filles dans le Sud-Kivu. Ce projet vise à contribuer à un objectif plus large qui est de limiter l’impact de la VLG à court et moyen termes au niveau individuel, familial et communautaire et de réduire la vulnérabilité des femmes et des jeunes filles dans le Sud-Kivu.

Argumentaire : dans le Sud-Kivu, c’est quotidiennement que les femmes sont menacées de violence alors qu’elles cherchent à échapper à cette dernière ou à reprendre leur vie dans les zones plus stables. Une culture d’impunité où viols et agressions restent impunis, associée à un statut des femmes déjà faible et l’absence d’un système judiciaire opérationnel ont créé les conditions d’une fréquence alarmante de la violence perpétrée contre femmes et jeunes filles. De plus, les défis d’un accès limité aux services et la crainte de la stigmatisation et du rejet contribuent à la position déjà vulnérable du survivant. Ceci a un effet sur la productivité des femmes à court et long termes ainsi que sur leur capacité à s’occuper d’elles-mêmes et de leurs enfants.

Détails du projet : ce projet sur deux ans, mis en œuvre par l’ONG International Rescue Committee (IRC), adopte une approche  pluridimensionnelle s’adressant aux survivants sur le court et le long termes dans le cadre d’un renforcement des capacités locales et du partenariat ainsi qu’en œuvrant au sein des structures communautaires afin d’encourager une plus grande cohésion et protection des femmes. Les composantes du projet comprennent :

  • Composante 1 : fourniture des services de base aux survivants à la violence sexuelle comprenant la gestion des cas et les services psychosociaux, sanitaires et juridiques.
  • Composante 2 : apport d’un soutien communautaire aux femmes et jeunes filles touchées par les conflits.
  • Composante 3 : coordination des acteurs des politiques de réponse à la violence sexuelle et plaidoyer pour des politiques promouvant la protection des femmes et jeunes filles.
  • Composante 4 : gestion du projet. 

Le projet concerne 7 000 femmes et jeunes filles comprenant des survivants à la violence sexuelle, d’autres jugées vulnérables, telles que les veuves, les femmes chefs de famille et les adolescentes mères. Des services directs pour les survivants de VLG sont proposés à 4 800 bénéficiaires du projet. En outre, les organisations communautaires (OC) fournissent un soutien direct à 2 200 bénéficiaires.

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Nom du projet  Évaluation d’impact du Projet pour prévenir et limiter l’impact de la violence liée au genre dans le Sud-Kivu
Lieu Sud-Kivu, RDC
Principaux bénéficiaires   Femmes et jeunes filles survivantes à la VSLG
Durée Septembre 2010 – décembre 2012
Partenaire d’exécution   Johns Hopkins University

Présentation du projet : LOGiCA, en partenariat avec USAID et le Fonds pour la reconstruction de la paix et de l'État de la Banque mondiale, soutient une évaluation d’impact du « Projet pour prévenir et limiter l’impact de la violence liée au genre dans le Sud-Kivu ». L’objectif général de cette évaluation est d’identifier les interventions efficaces et modulables pour une réponse à la violence sexuelle dans les zones touchées par des conflits armés en évaluant les approches innovantes des programmes socio-économiques. L’évaluation d’impact du projet dans le Sud-Kivu en RDC, cherche à déterminer les effets d’une initiative de VSLA et d’un service de soins de santé mentale sur l’amélioration du fonctionnement mental, social, physique et économique des survivants à la violence sexuelle.

Argumentaire :  l’International Rescue Committee (IRC) lance de nouveaux programmes innovants pour les survivants à la violence sexuelle dans le Sud-Kivu qui semblent dans un grand désarroi et rencontrent des difficultés à fonctionner au quotidien : des associations de Village Savings and Loans (VSLA) et une intervention en soins de santé mentale. Il est attendu qu’une participation à la fois au groupe de VSLA et aux soins de santé mentale conduise à un meilleur fonctionnement psychologique, social, physique et économique.

Questions de l’évaluation :

  1. Quel est l’impact d’une intervention dans le domaine de la santé mentale sur le fonctionnement social, psychologique, physique et économique ?
  2. Quel est l’impact d’une intervention d’ordre socio-économique sur le fonctionnement social, psychologique, physique et économique ?  
  3. Quel est l’impact combiné d’une intervention dans le domaine de la santé mentale suivie d’un programme socio-économique sur le fonctionnement social, psychologique, physique et économique ? 

Détails du projet : l’étude consiste en deux évaluations d’impact parallèles randomisées afin de déterminer l’impact des différentes stratégies d’intervention. La première étude est axée sur l’impact du groupe de VSLA en comparaison avec un groupe témoin. L’étude d’évaluation d’impact de VSLA est menée dans des communautés desservies par les neuf OC partenaires d’IRC. La deuxième étude se concentre sur l’impact de l’intervention dans le domaine de la santé mentale suivie du programme de VSLA en comparaison avec un groupe témoin. Cette étude  est menée dans des communautés desservies par trois ONG partenaires d’IRC et apportant actuellement un soutien psychosocial. La conception de cette seconde étude permet l’examen de l’impact indépendant de l’intervention dans le domaine de la santé mentale et les effets des soins de santé mentale sur le taux de rétention dans le groupe de VSLA et l’impact de programme de VSLA.

 

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PRODUCTION DE CONNAISSANCES

Le comportement des hommes envers les survivants à la violence sexuelle

Présentation : cette initiative d’enseignement détermine quels facteurs (sociétal, financier et sanitaire) influencent le comportement des hommes envers les survivants à la violence sexuelle et tente d’identifier les obstacles à l’acceptation et la réintégration des survivants dans leur famille et leur communauté après un viol. Les constatations de ce projet influenceront des interventions fondées sur des informations factuelles qui pourront empêcher le futur rejet des survivants. Cette investigation est la première à rechercher comment obtenir une meilleure efficacité dans la prévention et le traitement du rejet des survivants par leur famille et leur communauté.

Argumentaire : Ces dix dernières années, le rôle des hommes et des garçons s’est vu reconnaître de plus en plus comme essentiel pour prévenir, limiter et changer les comportements face à la violence sexuelle et liée au genre (VSLG), particulièrement envers les femmes. De récentes publications de l’Organisation mondiale de la santé et des Nations unies montrent que l’implication des hommes et jeunes gens est un moyen efficace de promotion de l’égalité des sexes et que leur participation positive dans l’autonomisation des femmes est une cause dont l’ensemble de la population bénéficiera. Mieux comprendre comment impliquer les hommes et les garçons dans les questions liées au traitement de la violence sexuelle et la prévention du stigmatisme qui y est associé est crucial pour améliorer les résultats des survivants.

En RDC, les femmes déclarent que le stigmatisme auquel elles sont confrontées en tant que survivantes à la violence sexuelle peut être aussi traumatisant que l’agression elle-même. Les réactions de la famille et de la communauté  de la victime sont donc intimement liées à sa capacité de rétablissement. De précédentes enquêtes ont montré que les réactions des hommes au viol étaient souvent décisives pour déterminer si la survivante serait acceptée par le reste de sa famille et par sa communauté à la suite de l’agression.

L’étendue du problème est frappante. Dans une étude de 2007 menée par Harvard Humanitarian Initiative (HHI), 29% des survivants de violence sexuelle avaient signalé leur obligation de quitter foyer et famille suite à leur viol et 6,2%, le rejet de leur communauté. Cela corrobore les chiffres rapportés par le Réseau des Femmes pour un Développement Associatif (RFDA), qui déclare le pourcentage de femmes mariées abandonnées par leur époux à la suite d’un viol à 26% (RFDA, 2005). Cependant, ces chiffres montrent que seulement certains hommes choisissent de rejeter les survivantes, tandis que d’autres les soutiennent. Comprendre le mécanisme derrière cette décision sera précieux pour une amélioration des programmes traitant de ce problème.

HHI travaille en étroite collaboration avec les partenaires locaux dans la région depuis 2006 et possède une grande expertise pour mener des études dans cette zone. Grâce à son large réseau d’organisations communautaires, HHI occupe une position privilégiée pour étudier ce phénomène complexe et sonder les hommes sur le terrain dans de nombreuses zones de l’Est de la RDC.

Détails du projet : HHI va entreprendre une enquête d’un an sur les facteurs de risque du rejet dans le Nord et le Sud-Kivu en sondant les survivants et les hommes de leur famille dans cinq sites du projet couvrant l’Est de la RDC. Cette approche comporte certaines limites, comparée à un échantillon aléatoire de la population, mais garantit que femmes et familles touchées par la violence sexuelle auront déjà un accès à des services de médiation et d’orientation. Les données quantitatives seront soutenues par des entretiens approfondis avec les hommes et les chefs de la communauté afin de mieux comprendre les mécanismes du rejet et comment y répondre. HHI collaborera avec une ONG psychosociale locale, le Centre d’Assistance Médico-Psychosociale (CAMPS). Le CAMPS prend en charge des survivants de violence sexuelle depuis 2004 et possède des bureaux dans tout l’Est de la RDC. Il mène des projets financés par l’UNFPA, l’UNHCR, et PYM-Norvège.

 

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Comprendre les causes fondamentales de la VSLG dans l’Est de la RDC

Objectifs : les principaux objectifs de cette étude sont de : (i) déterminer la motivation individuelle des combattants qui perpètrent des actes de VSLG ; (ii) déterminer les variables stratégiques qui motivent les groupes armés à commettre des actes de VSLG ; et (iii) définir une utilisation type de la VSLG par les groupes armés.

Argumentaire : la République démocratique du Congo (RDC) et la région élargie des Grands Lacs d’Afrique centrale souffrent de la violence généralisée et continue infligée par une multitude de groupes armés (GA) qui rendent certaines zones inaccessibles et forcent des centaines de milliers de personnes à se déplacer. La présence et les mouvements des GA entraînent souvent de graves souffrances chez les populations en leur faisant subir violation des droits de la personne humaine et actes criminels fréquemment commis par leurs membres, qui peuvent agir en groupe ou individuellement. Les crimes commis par les GA vont du simple vol au vol à main armée, à l’enlèvement, au viol, à l’esclavage, au meurtre, à la tuerie ou au massacre, à la torture, au cannibalisme et au cannibalisme forcé.

Les populations civiles de l’Est de la RDC sont directement visées par les GA ; elles sont attaquées, enlevées, enrôlées de force, conduites aux travaux forcés et victimes d’abus sexuels. Ces dernières années, de nombreux cas de viols de femmes, de filles, d’hommes et de garçons ont été signalés et la VSLG a attiré l’attention des mass médias, des ONG, des groupes de défense des droits de l’homme et des universitaires.

Les Nations unies considèrent le viol généralisé comme une « arme de guerre » et le décrivent comme une « tactique de guerre destinée à humilier, dominer, terroriser, disperser et / ou déplacer par la force les populations civiles d’une communauté ou d’un groupe ethnique ». Les preuves de ces méthodes restent cependant limitées ; les connaissances concrètes sur ces stratégies ou objectifs des GA en RDC sont encore insuffisantes. Les raisons de telles extrémités de VSLG ne sont pas complètement comprises et les études sur le sujet demeurent très rares. 

Détails du projet : mise en œuvre par l’organisation vivo, et inspirée de son expérience précédente sur le même type de problème, la méthodologie consistera en un protocole d’entretiens individuels avec des combattants en activité ou actuellement démobilisés permettant d’entreprendre une analyse quantitative et de recueillir des données qualitatives. L’échantillon comprendra des membres (et ex-membres) de plusieurs GA et sera élargi aux membres (et ex-membres) des forces armées régulières et si possible, des civils. Les participants à l’enquête seront recrutés par échantillonnage boule de neige, à l’aide des experts en DDR sur le terrain. Les données individuelles recueillies par l’enquête demeureront strictement confidentielles (selon le protocole du Comité d’éthique de l’Université de Constance) et seront analysées suivant des méthodes scientifiques standard.
L’enquête portera sur les questions clés suivantes :

  • Pourquoi la violence envers les femmes et les jeunes filles est-elle si cruelle ?
  • Quelle est la motivation des combattants qui commettent les pires actes de VLG ? (Suivant les possibilités, également : quelle est la motivation des commandants pour donner ce type d’ordre ou tolérer de tels actes ? Suivants les cas, la violence est-elle plutôt ordonnée ou tolérée ?)
  • La violence liée au genre est-elle utilisée de façon stratégique par les groupes armés participant à l’enquête ? (Rôle de la hiérarchie, incitations, punitions, ordres directs, etc.)
  • Si c’est le cas, quel en est l’objectif stratégique ? Quels en sont les objectifs tactiques ?
  • Comment les motivations individuelles et les facteurs stratégiques interagissent-ils dans les actes de violence liée au genre ?
  • Les mécanismes et les motivations varient-ils suivant les groupes armés ou le temps (y a-t-il une dynamique, un mode de fonctionnement, etc.) ?

 

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